Le vertical par défaut : comment la forme du téléphone a changé ce qu'on filme
On tient son téléphone debout, donc on filme debout. Ce réflexe minuscule a fini par redessiner le cadre de presque toutes les vidéos qu'on regarde - et ce qu'on peut y raconter.
Pendant longtemps, filmer voulait dire tourner l'appareil sur le côté : le rectangle couché était le format de l'image, au cinéma comme à la télévision. Puis la caméra est devenue le téléphone, et le téléphone se tient debout, dans une main, souvent en marchant. Personne n'a décidé que la vidéo passerait à la verticale ; c'est simplement la position dans laquelle l'objet se trouvait déjà. Les applications ont suivi, les écrans se sont remplis de rectangles debout, et le geste de tourner l'appareil est devenu l'exception plutôt que la règle.
Un cadre taillé pour les gens
Le format vertical n'est pas neutre : il épouse la forme d'une personne debout. Un visage, un buste, quelqu'un qui parle à la caméra y tiennent parfaitement, sans espace vide autour. C'est un cadre serré, qui rapproche, et qui donne à toutes ces vidéos leur air de conversation plutôt que de spectacle. Il colle aussi à la façon dont on les regarde : à bout de bras, tout près du visage, une seule vidéo occupant tout l'écran. Ce qui passait pour un défaut de cadrage est devenu une grammaire à part entière, avec ses codes et ses habitudes.
Ce que le vertical laisse dehors
Le prix est visible dès qu'on filme autre chose qu'une personne. Un paysage, une salle, un groupe d'amis alignés, une scène vue de loin : tout cela déborde du cadre, et il ne reste qu'une bande étroite au milieu. Le vertical raconte très bien qui parle, beaucoup moins bien où l'on est et ce qui se passe autour. Le contexte, qui est souvent l'intérêt d'une vidéo prise sur le vif, se retrouve coupé à gauche et à droite. C'est aussi pour cela que certaines vidéos verticales donnent l'impression d'être filmées de trop près, sans qu'on sache dire pourquoi.
Choisir son cadre plutôt que le subir
La bonne habitude tient en une question posée avant d'appuyer : est-ce que je filme quelqu'un, ou est-ce que je filme un endroit ? Une personne qui parle, une démonstration, un geste vu de près restent parfaits à la verticale. Un décor, une vue, une scène large méritent qu'on tourne le téléphone, quitte à ce que la vidéo s'affiche plus petite ensuite. Il y a aussi une raison très pratique : une vidéo tournée à l'horizontale peut être recadrée en vertical, l'inverse ne marche pas - le bord manquant ne se réinvente pas. Autrement dit, le vertical est un bon réglage par défaut, pas une obligation.
Teilen
Wähl deine Plattform – nichts wird an deiner Stelle veröffentlicht.
Auch lesenswert
5 erreurs à éviter pour ta première sortie culturelle
Musée, concert, expo : quelques pièges classiques qui peuvent gâcher ta sortie.
Sous-titres activés : pourquoi on lit presque tout ce qu'on regarde
Même dans sa langue, même au calme, même chez soi : le texte reste affiché en bas de l'écran. Ce petit réglage est devenu une habitude par défaut - et il ne fait pas que rendre les dialogues plus clairs.
Bibliothèques et tiers-lieux : bien plus que des livres
Réviser, chiller, rencontrer du monde : les bibliothèques sont des QG gratuits sous-estimés.
Kommentare
Noch keine Kommentare. Starte die Diskussion!