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Le lien « parasocial » : se sentir proche de quelqu'un qui ne nous connaît pas

On suit quelqu'un tous les jours, on reconnaît sa voix, on connaît ses habitudes et ses blagues récurrentes. En face, cette personne ignore jusqu'à notre existence. Ce lien à sens unique porte un nom : la relation parasociale. On regarde ce qu'elle a de doux — et là où elle se déséquilibre.

Par La rédaction Banger··2 min de lecture
Le lien « parasocial » : se sentir proche de quelqu'un qui ne nous connaît pas
Unsplash · Unsplash License

Il existe un type de lien devenu si banal qu'on ne le remarque même plus : celui qu'on tisse avec des gens qu'on regarde tous les jours sans jamais les avoir rencontrés. On reconnaît leur voix entre mille, on connaît leurs tics de langage, leurs blagues récurrentes, la disposition de leur cuisine. On s'inquiète quand ils ne publient plus rien pendant deux semaines. En face, pourtant, la personne ignore jusqu'à notre existence. Ce lien à sens unique a un nom : la relation parasociale.

Une proximité qui n'a rien de ridicule

Il serait facile de se moquer de ce sentiment, mais il s'explique très simplement : notre cerveau traite une voix et un visage familiers comme ceux d'un proche, même à travers un écran. Quand on écoute quelqu'un raconter sa journée en faisant la vaisselle, la sensation de compagnie est réelle. Ces présences peuvent rassurer un soir un peu vide, tenir compagnie pendant les révisions, faire découvrir une passion. Elles ne remplacent pas des amis, mais elles ne sont pas rien non plus, et il n'y a aucune honte à s'y attacher.

Là où le lien se déséquilibre

Le déséquilibre commence quand on oublie que le lien ne va que dans un sens. On se met alors à estimer qu'on a droit à quelque chose : des explications, des nouvelles, des choix qui nous conviennent. On prend personnellement une décision qui ne nous concerne pas. On croit connaître toute une vie alors qu'on en voit une tranche choisie, montée, publiée — celle que la personne a bien voulu montrer. Et il y a l'effet inverse, plus fréquent encore : parce qu'il n'y a qu'un écran en face, on se permet en commentaire une dureté qu'on n'aurait jamais dans la vraie vie.

En profiter en gardant les pieds sur terre

La version saine tient en deux réflexes tout simples. D'abord, se rappeler que ce qu'on voit est un fragment choisi, jamais une vie entière — et donc éviter de la comparer à la sienne, qu'on connaît, elle, dans ses moindres jours creux. Ensuite, garder de la place pour les relations où l'échange va dans les deux sens : celles où quelqu'un répond, se souvient de ce qu'on lui a dit, prend de nos nouvelles. On peut très bien s'attacher à une voix qui accompagne nos trajets, tant qu'on n'oublie pas qu'il y a, derrière, une personne réelle qui ne nous doit rien — et qu'on doit traiter comme telle, y compris en commentaire.

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