« Mid » : quand tout devient « moyen » et l'art du jugement express
Un film « mid », un plat « mid », une chanson « mid »… Ni géniale, ni catastrophique : juste moyenne, oubliable. Sous ce petit mot tiède se cache une vraie question — pourquoi a-t-on besoin de tout noter, tout de suite ? On décrypte.
« Mid », c'est le petit mot qui sert à dire qu'une chose est… moyenne. Ni géniale, ni catastrophique : juste quelconque, oubliable, sans relief. Un film « mid », un plat « mid », une chanson « mid ». Là où on pourrait détester ou adorer, le verdict tombe, tiède : « bof, c'est mid ». Sous ses airs anodins, ce mot en dit long sur notre manière de juger — très vite, et un peu sur tout.
La tiédeur, verdict le plus cruel
Ce qui est fascinant avec « mid », c'est que c'est souvent plus vexant que de se faire carrément descendre. Détester quelque chose, c'est encore lui accorder de l'importance ; le trouver « mid », c'est le ranger dans la catégorie de l'oubliable, ce qui ne mérite ni colère ni enthousiasme. La tiédeur assumée est une forme de jugement redoutable : elle ne dit pas « c'est nul », elle dit « ça ne vaut même pas la peine d'en parler ». D'où le côté un peu piquant du mot, qu'on emploie souvent avec un demi-sourire, en sachant très bien qu'il pique.
Tout noter, tout classer
« Mid » s'inscrit dans une habitude plus large : celle de tout évaluer en permanence. On classe les films, les restos, les morceaux, les gens même, dans un immense tableau mental où chaque chose reçoit sa petite étiquette. Cette manie a du bon — elle aide à trier, à se repérer, à partager ses goûts. Mais elle a aussi un revers : à force de tout ranger dans des cases, on se met la pression pour avoir un avis tranché sur tout, tout de suite. Reconnaître qu'on n'a pas d'opinion, ou qu'on a besoin de temps pour se faire un avis, devient presque suspect.
Le droit d'aimer un truc « mid »
Le vrai garde-fou, c'est de se rappeler que le goût n'est pas un classement. Aimer sincèrement quelque chose que tout le monde trouve « mid », ce n'est pas une erreur de jugement : c'est simplement le tien. La chanson banale qui te met de bonne humeur, le film sans prétention que tu revois avec plaisir, le plat tout simple dont tu raffoles — rien de tout ça n'a besoin d'être « validé » pour compter. Le piège de la note permanente, c'est de finir par n'aimer que ce qui a l'air d'être bien vu, en oubliant ce qui nous plaît vraiment. Le meilleur remède contre la tyrannie du « mid », c'est encore d'assumer, tranquillement, ses petits plaisirs jugés moyens.
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